Ours Blanc

L’OURS BLANC est un animal polaire qui a des dents et qui est tout blanc mais pas seulement. C’est aussi un diptyque (et pas une dilogie ! (sic)…) composé de deux courtes pièces « Carte blanche » et « J’aimerais être un ours polaire au Tibet » vous invitant à découvrir le théâtre autrement.

« Vous verrez une pièce, même si elle ne ressemble à rien. »

Venez découvrir un spectacle bien vivant où l’action se passe sur scène, voire à côté, et qui nous plonge dans deux univers aux antipodes, étranges et décalés, cassant les codes du théâtre et brisant le quatrième mur : la seule règle étant qu’il n’y a plus de règle.
Et surtout, ne pensez pas à aller voir OURS BLANC…

Laissez-vous tout d’abord emporter avec « Carte blanche » aux confins de l’absurde dans un Royaume perdu au bord de la destruction où vous retrouverez une princesse et ses deux princes pas très charmants, un héros pas vraiment héroïque et un Roi on sait pas trop où il est, le tout narré par un super narrateur…

Rencontrez ensuite l’Homme, le Comédien, l’Écrivain, Dieu, l’Amoureux, le Fou et l’Arnacologue dans « J’aimerais être un ours polaire au Tibet » : 7 personnages comme les 7 Merveilles du Monde, les 7 Péchés Capitaux, les 7 Samouraïs, les 7 Nains et les 7 Mousquetaires, devisant sur l’Art, l’Humanité, la Folie, l’Amour, la Religion, et 6 qui font 7 ! dans une confrontation entre théâtre classique et contemporain.

Textes et mise en scène : Alexandre Schuers.

Avec : Maeva Bongard, Arnaud Bothorel, Virginie Delagnier, Emilie Lecouvey, Lauren Oliel, Hugo Rabussier et Julien Veilleux.

Décors et costumes : Lucile Cano.La Princesse Anastasia (Emilie Lecouvey)

Infos et réservations : Voir Agenda

Dossier de diffusion – Ours Blanc

CRITIQUES ET PRESSE

-Décalqué – 8/10

2 petites pièces pour un exercice de style déstabilisant et fascinant… ça ne laisse pas indifférent, et ça fait du bien !

-Super – 9/10
2 pièces très sympathique qui sortent de l’ordinaire. Je n’en dirais pas trop pour éviter de spoiler, mais en tout cas un très bon moment passé et des acteurs qui ont le don de nous plonger dans leur univers.

-Bluffant –
Sympa ces deux pièces, humour à la fois décalé et très drôle pour la première ; la seconde réussit à interpeler sur le sens de l’humanité sans jamais être prise de tête. Bref un très bon moment de théâtre!

-Rires & Réflexion –
Une grande dose d’humour, le conte pour enfants revisité façon XXIe siecle, seconde pièce – réflexion sur l’humanité dans son ensemble tous les genres y sont mêlés … ! Si vous voulez rire, et profitez Foncez !

-A voir ! –
Une première pièce délicieuse remplie d’humour et de finesse dans les rebondissements ! On ne s’ennuie pas et on est même deçu qu’elle se termine ! Toutefois, le metteur en scène nous montre toute l’étendue de son talent dans le second acte que je vous laisse découvrir ^^ !

-A voir et à revoir –
Vive l’absurde !! Encore plus quand il est joué de cette façon ! C’est surprenant, frais, moderne et l’écriture n’est pas en reste non plus. Vous revenez quand ?

LA VOIX DU NORD : « Un moment jouissif parfaitement orchestré »

EXTRAITS

Carte BlancheAnastasia et Georges

Georges. – Princesse Anastasia. Ah bon Dieu de merde. Comme j’aimerais que l’on puisse s’aimer. Mais il est clair que nos destins ne sont pas du même avis. Je suis condamné à errer dans ce Royaume sans but, sans avoir quelqu’un à qui me confier, sans avoir une épaule pour me soutenir ou des lèvres pour me baiser. Mes bras n’entrelaceront que moi-même. Et même si bien d’autres femmes passeront par-là, mon cœur, quant à lui, vous appartenait, vous appartient et vous appartiendra.

Anastasia. – Bru…Georges ! Ô Georges ! Georges ! Georges ?

Georges. – Oui, c’est bien moi.

Anastasia. – Georges, je ne vous entendais pas, laissez-moi pleurer. Comme je suis triste. Si mon cœur pouvait pleurer, il le ferait et il pleurerait des larmes de sang, du sang triste à mourir. Mais je n’ai aucun contrôle sur mon cœur, Père en a décidé ainsi : je suis destinée à Bruce, le sauveur. Nous devons nous marier, pour le bien de l’Humanité, pour l’avenir de l’Homme.

Georges. – Je le pense bien. Nous ne pouvons braver le Roi, le tout-puissant Roi. Je me plie donc à sa volonté. Et je ne puis qu’accepter mon tragique destin…Oh, je ne peux te regarder…

Anastasia. – Georges ?! Pourquoi donc ? Suis-je si laide que cela ?

Georges. – Non, mais si cela venait à arriver, je me sentirais obligé de commettre des actes ignobles qui ne feraient qu’aggraver notre cas et choqueraient une grande partie de la population. Je serais obligé de fuir et il nous serait impossible de nous retrouver autrement que par la Mort, et je préfère vivre sans vous que de mourir avec vous. Je vous rassure que je préfère vivre avec vous que sans vous. Enfin, bref, tu as compris. Je dois fuir le plus loin de toi. Je m’en vais retourner dans ma demeure et regarder la télé, il n’y a que cela qui puisse me faire t’oublier.

Anastasia. – Si seulement tout pouvait se passer comme on le souhaite.

Georges. – Stop aux plans foireux…

Anastasia. – Va, Georges, je ne t’oublierai point. Et si vient le jour Merveilleux…

Georges. – J’avais dit stop…

Anastasia. – Ce jour qui me permettra de t’aimer, sache que je le ferai savoir à ton cœur.

Georges. – Et je ne manquerai ce rendez-vous pour rien au Royaume.

J’Aimerais Être un Ours Polaire au TibetL'Homme, Dieu et le Fou

Le Fou. – Ah ! Un chat ! Je hais les chats ! Ces poils me rendent dingue, taré, je serai capable de tuer pour déplumer un chat.

L’Homme. – C’est idiot, c’est un coussin, mais, tu es fou, cela se comprend, un fou, c’est un peu un idiot.

Dieu. – Malheureux petit homme. Compare-toi à lui. Lui, le fou, est heureux dans sa folie. Il a choisi la folie car sa raison ne la menait à rien hormis la tristesse et le désespoir, sa folie est philosophie, mais, toi, l’homme, tu ne comprends pas la diversité de chacun par ton étroitesse d’esprit. Cela ne m’empêche pas d’être fier de vous.

Un Passant. – Il y a des fous complètement malades.

Le Fou. – On m’a appelé ?

L’Homme. – Mais à quoi lui mènera sa vie ? Sa folie ne le mènera à rien, et encore, « rien » est un bien grand mot pour un type de son espèce…

Dieu. – J’ai donné à chaque être une chance de s’en sortir. Ce fou reste un homme.

Un Passant. – C’est un artiste dans sa folie.

Le Fou. – Ce sentiment de déraison, de découvrir à chaque instant la goutte d’eau lorsque la pluie tombe, d’admirer chaque brin d’herbe avec béatitude, avec l’insouciance de l’enfant, de savoir être heureux quand tout va mal avec cette inconscience de perdre la vie, et…et prendre conscience que la vie ne se vit qu’une fois, et de la vivre plutôt que de la tuer par des guerres inutiles, des guerres humaines, économiques, religieuses, philosophiques…Ma folie me suffit à être heureux.

L’Homme. – C’est plus compliqué que cela, beaucoup plus compliqué que cela…

Le Fou. – Oui. Non. Je ne sais pas. Je suis fou.

Un Passant. – Il est heureux dans sa folie, c’est mieux qu’être malheureux dans sa raison.

L’Homme. – Cet être, cette chose parvient à confondre un chat et un coussin. Saura-t-il faire la différence entre le bien et le mal ? J’en doute fort. Et si on laisse de tels êtres en liberté, si on laisse leur folie se propager, sans la contrôler, sans l’enfermer, l’Humanité toute entière courra à sa perte.

Un Passant. – Contrairement à ce que l’on pense : les fous dangereux ne sont pas toujours fous.

L’Homme. – Les Fous. Il faut les enfermer.

Dieu. – Les Hommes n’enferment pas les fous. Les hommes s’enferment des fous.

Le Fou. – Pourquoi ? Pourquoi avoir peur de moi ? Pourquoi rejeter tout ce que tu ne comprends pas ? Je ne suis qu’un fou parmi les fous car nous sommes tous fous.

L’Homme. – Non ! Je ne suis pas fou. Je suis un homme raisonnable qui réfléchit avant d’agir.

Un Passant. – Encore faut-il bien réfléchir.

Le Fou. – Tu es fou à ta manière. Tu n’as pas encore puisé dans ta folie intérieure.

L’Homme. – Ne dis pas que je suis fou.

Dieu, calmant le jeu – Vous avez tous une conception différente des choses de la vie. (Rires) Pour certains, je n’existe même pas.

Dieu

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